La coupure de mots (ou césure) consiste à trancher des mots en fin de phrases afin d’obtenir un gris typographique homogène. Chaque langue contient ses propres règles de césure. Outre la coupure des mots, il est parfois intéressant de provoquer la scission pour assurer un meilleur équilibre visuel. C’est le cas par exemple des titres et des intertitres.

En principe, une justification libre n’a pas besoin de césure mais elle peut être nécessaire pour des mots trop longs dans les espaces de texte étroits. On évite ainsi d’avoir une variation de fin de ligne inesthétique. Dans un texte justifié, la césure améliore la justification et fait disparaître les lézardes. Dans l’exemple ci-dessous, froncez les yeux pour voir apparaître les « trous » dans le texte.

Capture EstRepublicain
www.estrepublicain.fr (capture 01/05/2008)

Coupure des mots

Les coupures de mots se font de manière syllabique (ty-po-gra-phie) en tenant compte de l’étymologie (hémi-sphère). Elle se pratique entre deux consonnes (profes-seur) et remplace un trait d’union déjà existant (porte-monnaie). On ne coupe pas après la première lettre d’un mot (a/piculture), ni des deux derniers caractères (légionnai/re). Même chose avant et après les lettres x et y précédées ou suivies d’une voyelle (Bru/x/elles). La séparation est à éviter après les termes con/, cul/ et chi/ même si la tentation est parfois très forte (con/sommateur).

Coupure entre mots

Plusieurs groupes de mots ou de caractères sont susceptibles de former un tout qu’il convient de préserver par politesse ou pour une meilleure lecture du message. Ainsi, on ne coupe pas:

  1. entre le titre abrégé et le nom de la personne: M. Dupont
  2. entre un nombre et son symbole: 3 dl de lait
  3. des nombres écrits en chiffres: 253 000
  4. des calculs mathématiques: 4 + 3 = 7
  5. avant une ponctuation finale: Vous avez raison !

Coupure des lignes

Dans la publication d’un quotidien papier, les journalistes fournissent la matière brute tandis que d’autres se chargent de mettre en page. Tout doit rentrer dans la maquette selon des espaces limités. Tantôt il faut adapter la longueur du texte, tantôt ajuster la longueur des titres et intertitres. Dans l’exemple ci-dessous, le maquettiste ne s’est pas contenté de coller simplement les titres mais de les adapter pour obtenir un équilibre visuel en évitant les césures de mot.

Capture quotidien Le Soir
Le Soir du 23 juin 2007

Prenons toujours le même exemple du quotidien, mais cette fois en ligne. Outre la faible maîtrise du support et de son affichage, il est très peu probable qu’un webmaster ait pris le temps d’ajuster au mieux les articles. Ces derniers sont diffusés en ligne après un traitement de mise en page automatisé. Contrairement au journal papier, internet favorise la rapidité de l’information à la forme. Bien que certains sites font l’effort sur les titres comme ici avec Le Figaro et l’ajout d’un retour à la ligne manuel.

Capture quotidien Le Figaro
www.lefigaro.fr (capture 01/05/2008)

Trait d’union manuel

Les traitements de texte et les logiciels de mise en page gèrent la césure automatique des mots pour autant que le dictionnaire des coupures soit activé. L’outil coupe le mot, ajoute un trait d’union et renvoie le reste du mot à la ligne suivante. À noter que les navigateurs web ne gèrent les césures en aucun cas.

Il est utile de vérifier les césures imposées par le logiciel et de les adapter en fonction de sa maquette. L’ajout d’une coupure manuelle ne doit pas être un trait d’union sécable mais un trait d’union conditionnel. Dès lors que du texte est ajouté avant la coupure, le mot divisé est renvoyé à la ligne sans son trait d’union. Dans Word par exemple, tapez Ctrl + trait d'union (du pavé alpha-numérique) à l’endroit souhaité. Rien ne se produit visuellement sauf lorsque le mot démesuré arrive en fin de ligne.

Pour plus de détails, consultez la page: « Traits d’union et tirets ».

Comments

Laisser un commentaire