Splash screen, pour ou contre ?

Catégorie: Ergonomie | 482 lectures

Je rebondis sur un billet de Jean-Marc: « Faut-il jeter la splash page ? ». Longtemps dénigrée par les ergonomes, les splash screen trouvent un nouvel intérêt auprès des experts en référencement. Mais avant ça, un petit retour en arrière.

Je me souviens de longues conversations entre graphistes pour désigner ce qu’est vraiment un splash screen. Pour la plupart il s’agissait d’une page précédant la page d’accueil. Elle contenait une image artistique ou une animation (en flash). À l’époque, la technologie naissante donnait lieu à l’émerveillement. L’objectif était d’en mettre plein la vue (splash = éclaboussure), d’épater la galerie par l’exhibition d’une maîtrise. Après, tout le débat était de savoir si cela servait ou desservait le site en question.

Les ergonomes modérés proposaient de prévoir un affichage d’un temps de chargement (le haut débit n’était pas encore généralisé), un bouton pour passer l’animation, le fameux skip intro, ou encore une redirection automatique en fin de clip.

Avec le temps, l’euphorie pour la technologie s’est apaisée et les webmasters se sont concentrés davantage sur le contenu en délaissant le superflu. Chez nous (en Belgique), les sites commerciaux et institutionnels se sont pliés au double, triple et même quadruple choix linguistique. Non, l’anglais n’est pas notre troisième langue comme pourrait le laisser croire Telenet, DNS, Marcolini et bien d’autres mais l’allemand. Les pages sont épurées et se limitent au strict minimum. Mais la tendance semble aller vers un alourdissement de la page comme le montre Electrabel ou mieux Immoweb.

Immoweb, splash-screen

En 2004, la page affiche une image avec trois choix linguistiques. En 2006, la page est revue et un texte concentré en mots-clés vient se positionner juste en dessous de l’image. Cette année, le plan du site sous forme de liens vient se greffer en dessous du texte.

La question de la pertinence se pose toujours. Pour certains, cette page est inutile et alourdit la navigation. Le site doit s’afficher dans la langue du navigateur ou selon la langue majoritaire des utilisateurs. Ces derniers ont la possibilité de modifier ce choix implicite à tout moment. Un cookie enregistre le changement. Reste encore à choisir les noms de domaine.

Pour d’autres, anticiper le choix de l’internaute risque de coûter cher surtout si c’est le mauvais. Le choix explicite est une sécurité pour éviter la bourde et les plaintes des plus grognons. Tant qu’à faire, cette page doit être optimisée. Si les plus optimistes s’obstinent à nous faire croire l’importance pour le lecteur, les internautes reconnaissent très vite le principe et ne s’attardent pas à lire le contenu. Beaucoup de bruit donc pour le visiteur mais un contenu précieux pour les robots. En tout cas, l’Union européenne a tranché depuis longtemps avec 23 choix linguistiques.

Union européenne, capture d'écran

On trouve d’autres fonctions à cette page de garde. Bon nombre de médias en ligne en profitent pour afficher un encart publicitaire (voir LeSoir.be) ou la promotion d’un film (voir AlloCine.fr).

Smashing Magazine a consacré un article sur le sujet: Splash Pages: Do We Really Need Them ?.


Commentaires

2 Responses to “Splash screen, pour ou contre ?”

  1. Gaetano on septembre 1st, 2007 21:11

    “L’alourdissement” dont tu parles est mal nécessaire pour concilier la nécessité d’avoir le choix de langues (vive la Belgique!) et le référencement…

  2. Monique on septembre 5th, 2007 16:00

    Bonjour,

    Comme je l’ai dit dans ma réponse sur le blog de Jean-Marc, je trouve la solution choisie pour le site de mozilla-europe.org très efficace. Les fichiers dans les différentes langues sont dans des sous-répertoires et c’est celui de la langue du navigateur qui s’ouvre automatiquement. Un menu déroulant (qui, seul bémol à mon avis, devrait plutôt se trouver en haut de la page) permet de changer de sous-répertoire donc de langue si on le souhaite. On arrive donc directement sur une page d’accueil simple mais significative, donnant accès aux principales parties du site.

    Pour les sites belges, les germanophones trop souvent oubliés me semble-t-il :(

    Amicalement,
    Monique

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