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Daltonisme dans la conception web
Catégorie: Ergonomie, Webmastering | 148 lectures
Un peu moins de 10 % des Français serait daltonien contre 0.5 % de femmes. Cette maladie héréditaire crée une confusion des couleurs. Un daltonien voit des nuances de jaune du côté des couleurs chaudes et des nuances de bleu du côté des couleurs froides. Les deux étant séparés par des teintes qu’il ne distingue pas à savoir des nuances de rouge et des nuances de vert. Il faut éviter l’association des deux couleurs: un texte rouge sur un fond vert et inversement. Lorsque la couleur a une fonction dans un texte, ce dernier doit s’accompagner d’un élément distinctif.
Prenons un exemple simple. Dans un tableau, vous indiquez une hausse de 6,09 % ou une baisse de 2,11 % le daltonien ne voit aucune différence entre les deux. Il faut ajouter un indice supplémentaire comme une icône (une flèche montante, descendante) ou un signe distinctif (un plus, un moins).

Un bon moyen de vérifier l’intensité des couleurs consiste à utiliser des niveaux de gris. C’est d’ailleurs une technique pour tester le contraste. On est parfois bien surpris du résultat. Sur l’exemple, le rouge et le vert se distinguent parfaitement pour une personne normale. L’image en niveaux de gris vous donne une idée du contraste perçu par un daltonien.

Web accessibility Toolbar est une barre d’outils qui s’ajoute à Internet Explorer et permet d’analyser les contrastes, de passer toute la page en niveaux de gris et de simuler le rendu de la page comme si elle était présentée à un daltonien.
Colour constrast check est une autre application en ligne. Très simple, il suffit d’ajouter les valeurs de la couleur du texte et la couleur d’arrière plan. Le système calcule la luminosité et le contraste qui ne doivent pas dépasser une fourchette de valeurs.
Colour contrast analyser est un logiciel à télécharger (existe en français) et réagit comme le précédent: il calcule la différence entre les deux couleurs d’avant et d’arrière plan selon des algorithmes proposés par le W3C.
Les analyseurs de contrastes peuvent se révéler utiles, mais souffrent d’un certain nombre de défauts : ils n’interprètent pas toujours correctement les feuilles de style, ne tiennent pas compte des éventuelles images de fond, et surtout ne prennent pas en considération la taille et la graisse des caractères (le W3C non plus). C’est pourtant un point important: un caractère peu contrasté mais de grande taille, ou en gras, sera nettement plus lisible qu’un petit caractère de la même couleur.
Par ailleurs, les critères d’accessibilité du W3C pour les contrastes de couleur et de luminosité sont très (trop) sévères et les respecter limite grandement les choix du designer. J’essaie en général d’obtenir un contraste suffisant, mais sauf en cas de demande expresse d’un client (ce qui est très rare), je ne suis pas obnubilé par le respect de ces règles.