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Internet contre Gutenberg
Catégorie: Web | 187 lectures
Chaque média décolle avec un évènement marquant. Le couronnement d’Élisabeth II ou les images de Neil Amstrong sont des images fortes du début de la télévision. Les attentats du 11 septembre 2001 marquent également un nouveau pas dans la diffusion de l’information. Elle n’est plus réservée exclusivement aux journalistes mais chaque citoyen a le potentiel de jouer ce rôle. Il devient participatif et contribue à véhiculer l’info. Cela ne veut pas dire que le journalisme est mort loin de là car c’est quand même un travail de professionnel d’une grande valeur qualitative et d’une certaine fiabilité.
Depuis toujours on a dit: « Les journaux vont disparaître avec la radio. La radio va disparaître avec la TV. La TV va disparaître avec le cinéma ». Aujourd’hui on dit de la TV ou de la presse écrite qu’elle va être digérée par l’internet. On y croit pas trop, d’autant plus que chaque média à ses particularités: cible différente, contenu différent, approche adaptée au support, etc. Par exemple, lors de gros évènements les gens vont s’informer sur internet mais dès le lendemain vont chercher le journal pour avoir une information plus détaillée et fournie avec un certain recul. Aussi, les dernières évolutions de la télé (TNT, HD, grands écrans plats) tentent à prouver qu’elle a bien sa place.
Le quotidien en ligne va servir à l’information brûlante, brute sans détails ni recherche approfondie.
Les avantages d’internet par rapport à la presse écrite:
- journalisme citoyen: n’importe qui peut apporter une information
- touche un grand nombre
- planétaire: l’info est diffusée dans les 4 coins du globe
- dynamique: texte, animation, vidéo, lien hypertexte, visio-conférence
- interactif: les utilisateurs peuvent commenter, réagir
- très réactif: l’info est diffusée rapidement au niveau mondial
- accessible facilement et souvent gratuitement
Les inconvénients d’internet par rapport à la presse écrite:
- mode de consommation différent: lecture plus lente à l’écran, lecture expéditive
- support encombrant, nécessite du courant et une connexion à internet
- aucun rapport tactile contrairement au journal
Ces avantages ont permis une grosse fréquentation des quotidiens numériques mondiaux (ex: New York Times) nettement plus grosse que celle du papier et c’est bien normal puisqu’on peut toucher une plus grande cible sans frontières. La gratuité et la facilité d’accès à vu naître de nouveaux lecteurs toujours de plus en plus nombreux.
Par rapport à des gros sites d’information, la Belgique reste à la traîne sur l’appropriation des nouvelles technologies. Prenons l’exemple du Soir. L’archivage en fichier PDF s’est fait assez rapidement, en 2005 apparaît le flux de syndication RSS. Par contre impossible de commenter l’information et il a fallu attendre l’affrontement Google vs CopyPresse pour voir naître un blog. Alors que d’autres sites utilisent les alertes MSN, visio-conférence, chat en direct, podcast, etc.
Ce que nous appelons le « web 2.0 » n’est pas tellement une révolution techniques puisqu’on utilisait déjà ces techniques avant mais c’est un changement dans les usages. Désormais on donne la parole au visiteur, il ne reste plus passif à l’information. On peut donc imaginer un article diffusé sur un quotidien en ligne et des réactions à la chaîne qui suivent. La diffusion de l’information n’est plus une étape finale mais une permet d’enrichir les échanges comme si on était dans une agora.
Journaux gratuits: considérés par certains comme les viewpapers en opposition à newspaper: le journal se regarde sans être lu véritablement. Le temps consacré à sa lecture est considérablement réduit (+/- 15 minutes) c’est-à-dire le même temps passé sur un journal numérique alors qu’on estime qu’un lecteur du Monde par exemple passe 40 minutes sur son journal. L’information est plutôt généraliste, s’adresse a un public très large et doit être consommé rapidement.

Agoravox.fr (capture 08/07/2007)
Le journalisme citoyen (ex: Agoravox.fr) est un concept innovant mais qui va devoir se trouver un modèle économique. Les gens ne peuvent pas investir du temps, de la recherche, investir dans un projet, garder une certaine qualité de l’info sans rien recevoir en retour.
Un quotidien coûte un euro au lecteur (sans abonnement). Cet euro n’est pas suffisant pour couvrir tous les frais du journal (journalistes, papier, impression, distribution…). Il paye à peine 40 % de la production d’un exemplaire. Il fait donc appel à la publicité et aux petites annonces pour les 60 % restants.
En 2002, El Pais - premier quotidien espagnol en ligne et leader sur le marché - passe sa version gratuite à une version entièrement payante. Conséquence: grosse baisse de fréquentation. La clientèle se réfugie chez la concurrence: El Mundo. Entre 2002 et 2006, elle est passée de 4 millions de visiteurs uniques par jour à 58.000 abonnements payants. Il en résulte qu’au final il est plus avantageux d’avoir des pubs sur son site vu par un gros trafic plutôt que de passer à une version entièrement payante. Il pourrait être intéressant de garder une version gratuite de bonne qualité avec une version payante a haute valeur ajoutée.
Billet inspiré de l’émission 8-fi: « Internet contre Gutenberg ».