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De la machine à écrire au clavierAu commencement de la frappeEn 1714, le premier brevet est déposé par le Britannique Henry Mill. En 1833, le Français Xavier Progin a l'idée d'associer à chaque lettre une tige métallique distincte actionnée par des touches à levier. Toutefois, on doit la machine à écrire vraiment fonctionnelle, comme on la connaît aujourd'hui, à l'Américain Christopher Sholes en 1867. Seulement six ans plus tard, l'Américain Philo Remington invente et lance la fabrication d'un modèle légèrement différent qui porte son nom: la Remington. À sa sortie d'usine, elle possède deux inconvénients non négligeables. Premièrement, les tiges des caractères frappaient le papier sur la partie inférieure du cylindre, si bien que la ligne en cours d'écriture n'était pas visible. Deuxièmement, cette machine à écrire ne permet pas d'écrire les lettres en capitales.
Ses deux soucis sont résolus quelques années plus tard. On associe alors une même touche pour plusieurs caractères (minuscule ou capitale) et on profite également pour ajouter les chiffres et d'autres symboles. La disposition des lettres sur les machines à écrire a été pensée de manière à éloigner des index les lettres les plus fréquentes. Cette précaution évitait aux machines de bloquer les tiges pour ceux qui tapaient rapidement. C'est donc la forme Qwerty qui a été retenue pour la langue anglaise, ce qui correspond aux premières lettres sur le clavier en partant de la ligne supérieur gauche: Q, W, E, R, T et Y. Plus tard, une disposition des lettres pour francophones fut inventée qui porte le nom d'Azerty. Police de caractère
Lorsque l'on parle d'une police de type « machine à écrire » on fait allusion aux polices à chasse fixe dont chaque caractère à une largeur identique. La lettre w prend autant de place sur le papier ou à l'écran que la lettre i par exemple. On oppose les polices à chasse fixe aux polices proportionnelles.
L'avènement de l'ordinateurDans les années 60, la machine à écrire est progressivement remplacée par la machine à écrire électrique plus souple à l'emploi. Vient ensuite la machine à écrire électronique qui a la particularité d'enregistrer le texte dans une mémoire interne et s'affiche sur un petit écran à cristaux liquides. Le texte est imprimé a posteriori ce qui diminue considérablement les erreurs de frappe. Pour finir, l'avènement du micro-ordinateur marque la fin des machines à écrire. Avec un ordinateur, plus de problèmes de blocage des tiges métalliques. Pourtant, lorsqu'on regarde un clavier moderne, il ressemble de près à celui de la machine à écrire. En réalité, les concepteurs ont préféré conserver cette disposition peu confortable pour ne pas dérouter les habitués. L'héritage maladroitLe clavier actuel présente deux inconvénients majeurs hérités de la machine à écrire: la mauvaise disposition des touches (Azerty ou Qwerty) et le manque de caractères spéciaux propres à chaque langue (capitales accentuées, espace insécable, guillemets français, ligatures, etc.). L'ergonomie des touchesAugust Dvorak met au point un clavier dont les touches les plus utilisées (en langue anglaise) sont mises sur une même ligne de façon à diminuer le déplacement des doigts. Les huits doits placés sur la ligne du milieu sont capables de satisfaire à 60 % des caractères en anglais. L'économie de mouvement augmente la vitesse de frappe et diminue les risques de lésion liés à la frappe traditionnelle. Plusieurs adaptations du clavier Dvorak ont vu le jour pour la langue française (cf. Wikipédia). Malheureusement, que ce soit pour la langue anglaise ou française, aucune disposition n'a réussi à remplacer le Qwerty ou l'Azerty. Différentes études ont montré que l'effort demandé pour passer du clavier classique au clavier Dvorak et la résistance au changement, étaient trop importants par rapport aux avantages perçus par ce genre de disposition.
Dvorak n'est pas le seul à vouloir bien faire. Le clavier Dhiatensor répartit les lettres en fonction de leur utilisation. Plus récemment, le Das Keyboard se présente sans inscription sur les touches. À chacun de le personnaliser à sa convenance et selon ses utilisations.
Plusieurs études prouvent que l'alignement des lettres en diagonale, qui servait à ralentir la frappe à l'époque des machines à écrire, n'est pas optimal. Typematrix a mis au point un clavier particulier où les touches sont alignées verticalement et disposées selon leur usage (concerne la langue anglaise).
Clavier virtuelUn clavier c'est encombrant et fragile en cas de chute de liquide (café, coca). Des ingénieurs ont donc inventé un clavier virtuel. Mais là encore d'autres problèmes se posent: nécessite une zone de projection relativement sombre et l'autonomie du boîtier ne dépasse pas 4 heures de fonctionnement. Ce genre de clavier est surtout pensé pour les PDA et autres smartphones.
Caractères manquantsOn peut également reprocher aux claviers actuels de ne pas présenter suffisamment de touches directement accessibles. C'est pourtant pas la place qui fait défaut. Par exemple, pourquoi ne pas mettre le guillemet ouvrant français sur une touche plutôt que d'y accéder en tapant Alt + 0171 sous Windows ? Une alternative consiste à utiliser un bidouillage informatique pour accéder plus facilement via le clavier aux caractères spécifiques. Microsoft propose de configurer soi-même son clavier mais c'est assez acrobatique. Sur internet, des plug-ins permettent d'ajouter ou de modifier l'emplacement de certains caractères sur un clavier Azerty en français. ConclusionIl existe bel et bien des solutions pour améliorer l'ergonomie des claviers et la disposition des touches mais l'habitude d'un modèle devenu standard semble geler les innovations et le changement. Il reste une question que je n'ai toujours pas élucidée, pourquoi y a-t-il une différence entre un clavier Azerty français et un Azerty belge ou un Qwertz allemand et un Qwertz suisse ?
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