Polices de caractère - Informatique

Bitmap et vectoriel

Les polices Bitmap

bitmapLes polices bitmap (ou matricielles) ont une taille prédéfinie (10, 12, 16 points, etc.) La forme de chaque caractère est définie sur une grille, au moyen de points noirs et blancs (matrice), dans les différents corps. Il existe par conséquent un fichier de police pour chacun des corps à afficher. Plus il y a de taille, plus le fichier de la police est volumineux.

Sur Windows, le fichier d'une police bitmap se reconnaît à son icône rouge avec le lettre « A » en capitale et l'extension du fichier (. FON).

Le format bitmap présente un défaut majeur : si l’on utilise un corps de caractères non installé, le système procède à une extrapolation à partir des formats disponibles en effectuant une mise à l’échelle approximative. Cela se remarque (tant à l’écran qu’à l’impression) par des effets d’escalier très disgracieux.

Par exemple, la police Courier affiche les tailles 10, 12 et 15. Le rendu sera correct pour ces tailles mais ne le sera pas si on utilise 48 points.

Fichier source de la police Courier
Panneau de configuration - Polices - Courier 10, 12, 15

Les polices vectorielles

Elles sont constituées de courbes mathématiques qui peuvent être agrandies, réduites ou inversées sans perte de qualité. Elles se prêtent à la sortie sur écran, imprimante, table traçante, etc. Au moment de l’impression, l’imprimante convertit les vecteurs en points, utilisant alors la définition maximale de l’imprimante.

L'affichage sur papier est tout à fait correct alors que le résultat sur écran laisse à désirer en raison de sa faible résolution (environ 72 dpi) par rapport à l'impression (environ 300 dpi). L'effet d'escaliers apparaît et on a du mal à juger de la qualité du travail à l'impression.

Fichier source de la police Script

Dans les polices vectorielles on distingue plusieurs procédés: le langage professionnel PostScript (PS) d'Adobe, la technologie TrueType (TT) d'Apple et Microsoft et l'Open Type qui semble avoir un bel avenir devant lui.

PostScript

Le PostScript est un langage de programmation développé par Adobe dans les années 80 à une époque où seuls les caractères bitmap existaient. PostScript décrit le contenu et la présentation des éléments d’une page (texte, images vectorielles ou autres) par l’intermédiaire d’indications indépendantes de la configuration matérielle.

Les polices PostScript Type 1*, lancées en 1985, présentent une partie bitmap mais aussi et surtout une partie vectorielle. Dès lors, il est possible d'utiliser une police dans n'importe quel corps avec une qualité d'affichage et d'impression jusqu'alors jamais égalée. En raison de ses performances et son coût élevé, PostScript est principalement utilisé dans les milieux professionnels en PAO.

Cependant, l'affichage écran des polices en gros corps reste tributaire de la police bitmap et ne préserve pas de l'apparition d'un effet d'escalier... Plus grave encore, ce problème se retrouve également lors de sorties sur des imprimantes bon marché à jet d'encre dépourvues d'interpréteur PostScript et donc incapables de gérer les polices écrites dans ce langage.

Les fontes PostScript sont plutôt rares sur les PC. Elle se présentent sous la forme de deux fichiers indispensables: un fichier PFB destiné à l'imprimante et un fichier PFM contenant les informations métriques d'approche, d'espacement, etc. Seul un utilitaire comme Abobe Type Manager (ATM) peut récupérer les informations du fichier PFB pour les versions antérieures à Windows 2000.

* Adobe a lancé aussi des polices dites « Type 3 », mais celles-ci ont quasiment disparu faute de succès.

True Type

True TypeFace à la domination des polices Type 1, la riposte vient d'Apple et Microsoft sous la forme du format TrueType lancé en 1990. Contrairement aux anciennes polices bitmap, les contours des caractères sont définis par des vecteurs. La taille des caractères peut être modifiée sans perte de qualité. La TrueType vient briser le quasi monopole d'Adobe et fournit des polices utilisables à l'impression et sur écran.

Sur Windows, le format TrueType est devenu un standard. Les polices sont représentées par une icône en forme de double « T » et l'extension du fichier (. TTF). Il n'y a plus qu'un seul et unique fichier et plus besoin d'un logiciel tierce pour son utilisation.

Le format est totalement public, n'importe qui peut créer des polices TrueType. Avec pour résultat des produits d'une qualité inégale, en partie responsables de la mauvaise réputation de ce type de polices dans les milieux professionnels. Cette méfiance est encore accentuée par la relative lenteur d'impression des TrueType sur les prériphériques PostScript.

Multiple Master

En plus de ces deux vénérables formats, plusieurs nouveautés sont apparues ces dernières années. Les polices Multiple Master, évolution des polices PostScript Type 1, constituent une tentative pour offrir de nouvelles possibilités aux infographistes. Ceux-ci peuvent déterminer eux-mêmes certaines caractéristiques de la police comme la graisse, la chasse, ou l'italisation.

On peut ainsi créer des variations parfaitement adaptées à un usage particulier (caractères adaptés à la largeur de colonne et à l'interlignage d'un quotidien, etc.). Les polices Multiple Master n'ont cependant pas rencontré que peu de succès et Adobe, tout en continuant à commercialiser ses créations existantes, a arrêter leur développement. Ce format est remplacé par l'OpenType.

OpenType

Format à l'avenir prometteur, l'OpenType constitue en quelque sorte le traité de paix signé entre Adobe et Microsoft. C'est le résultat des avantages de la PostScript et de la TrueType. Elle est multiplateforme. Seul point noir, elle est encore peu répandue puisque les logiciels doivent être adaptés pour pouvoir les gérer.

L'OpenType a été pensé pour répondre aux besoins d'internet: meilleur affichage écran et compression optimisée. Son énorme potentiel réside dans sa capacité de stockage des caractères; plus de 65 000 contrairement aux 256 de la PostScript. Elle compte les 128 caractères de base (ASCII) suivi des 128 caractères propres aux caractères de l'Europe de l'Ouest (ASCII étendu) ainsi que tous les autres signes spécifiques aux autres langues ou les caractères spéciaux: petites capitales, fractions, lettres ornées, ligatures, fractions, etc.

Choix du format pour la PAO

Pour l'impression professionnelle (offset), il est préférable d'utiliser une police PostScript ou OpenType si le logiciel le permet. Le format TrueType est à déconseiller car il risque de ne pas « flasher » correctement et vous coûtera davantage si l'imprimeur doit remplacer les polices et refaire le travail. Cela s'explique simplement car la flasheuse utilisent le langage PostScript.

 

Réalisé le 20 janvier 2005.
Mis à jour le 10 septembre 2006.
haut